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La culture kanak (NC)

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Avant de lire cet article, sachez que le plus important est de ne pas généraliser quand on parle des kanaks. Certes, ils ont tous la même culture, mais leur état actuel de « développement » est différent d’une tribu à l’autre, et il est donc très dur de tracer un portrait actuel d’un typique kanak. Ce qu’on va dire va donc révéler de ce qu’on a vu, et on essaie de prendre de la distance avec ce qu’on a entendu, mais ne vous faites pas une idée trop fixe des kanaks en lisant ceci, allez plutôt les rencontrez et vous faire votre propre opinion !!!

Aujourd’hui, pour de nombreux blancs, le stéréotype du kanak est (c’est faux attention !!) : gars toujours saoul et drogué, qui ne veut pas travailler… C’est ce qu’on veut que vous relativisiez avec ce post.

  • Kanaks et tribus

Tout d’abord, qu’est ce qu’un kanak ? Ce sont les indigènes qui vivent en Nouvelle-Calédonie et qui occupaient les terres avant l’arrivée des français. Ils vivent par tribu, ce qui correspond à une sorte de village. Chaque tribu a son propre langage kanak. Ils ne peuvent pas se comprendre les uns les autres avec ce langage, certaines tribus peuvent cependant en comprendre certaines autres. La langue commune est le français. Presque tous les kanaks à l’heure actuelle parlent français (peut être que dans les tribus éloignées, les plus vieux ne parlent pas français, et les plus jeunes n’étant pas encore allés à l’école n’ont pas encore appris cette langue). Les membres d’une même famille vivent généralement dans la même tribu, les femmes allant dans la tribu de leur mari lors des mariages. La taille des tribus varient. Ca peut aller de seulement une petite famille (une vingtaine) à plusieurs familles (100-200). Certaines tribus vivent le long de la mer, elles peuvent donc pêcher facilement ; d’autres sont plus dans les chaînes de montagnes et peuvent même être à 50km de la route. Elles ont donc recourt à la chasse (tout comme celles de la mer) Toutes les tribus possèdent de grandes terres avec des arbres fruitiers (orangers, mandariniers, pamplemousses, bananes, coco, petit potager) Chaque tribu à un chef, un président (élu par la tribu, hommes et femmes), une école… La majorité des tribus sont sur la côte est de la Grande Terre. Il y en a aussi sur les îles Loyautés, la côte ouest… Au total : plus de 40% de la population totale actuelle de Nouvelle-Calédonie est kanak (250 000 personnes au total, dont des caldoches, blanc qui est né en NC, et des z’oreilles : français installé en NC après sa naissance)

La différence de « développement » des kanaks est en grande partie au développement de sa tribu et donc son emplacement géographique. En effet, aujourd’hui, chaque enfant est obligé d’aller à l’école jusqu’à 16 ans (loi française) Mais avant, le recours à l’éducation était très inégal. Et c’est pourquoi les tribus très éloignées de la route principale sont restées à un état plus précaire. En effet, avec la chasse, leur culture, ils se suffisaient à eux même et n’avaient pas besoin d’aller voir plus loin. Pas possible d’apprendre le français donc, et la culture du travail ne s’est pas développé. Pourquoi travailler quand on peut vivre sans ? Au contraire, les tribus vivant plus près des routes principales ou de la mer se sont développées plus rapidement après l’arrivée des français. Elles ont vite appris à faire du commerce…

 

  • Le système éducatif

On a raconté un couple (très gentil !) de jeunes retraités français qui sont à Hienghène pour au moins un an pour aider les élèves en difficultés en maths et en français, au collège. On a eu des discussions très intéressantes avec eux. Souvent, les élèves en plus grandes difficultés viennent des tribus les plus éloignés. Ils ne parlent pas le français dans leur tribu, et c’est donc comme une langue étrangère à apprendre pour eux. De plus, le programme du collège est le même ici qu’en France, pas très logique… Il y a en plus que la filière générale, alors que des filières plus techniques et artisanales seraient bien plus adaptées aux besoins de certains kanaks. Les kanaks n’ont aucune idée des grandeurs (poids, nombres de personnes, durée dans le temps…) Beaucoup de kanaks n’ont aucune envie d’apprendre, et encore moi l’histoire romaine par exemple !! En général, les filles se donnent plus de mal pour comprendre et progresser que les garçons. En effet, dans les tribus, les filles ne sont quasiment pas écoutées, se sont les hommes qui décident. Donc en classe, même si elles ont à la base autant de curiosité que les mecs, elles sont plus curieuses et plus intéressées, elles veulent à leur tour avoir le droit à un avenir meilleur !

La plupart des élèves sont à l’internat, étant donné que les tribus sont loin, et que pas tout le monde à une voiture. A l’internat, il n’y a pas de blancs. Ce sont des kanaks qui le gèrent. Et le français n’est pas parlé, mais les langues kanaks. L’internet est géré de façon complètement indépendante du collège et le personnel du collège n’a pas du tout son mot à dire dans sa gestion, ce qui peut nuire en partie à la progression des élèves (éducation différente, français non parlé, clans par tribu…) Les gérants kanaks sont très très stricts avec les élèves (nombreuses gifles…) Les jeunes ont à peine le droit de parler et ne sont pas écoutés. Ceci est déjà le cas dans les tribus où les enfants n’ont pas le droit à la parole et doivent obéir à leur père sans discussion…

Chaque enfant n’est pas considéré comme une personne à elle seule. Déjà, ils ne sont pas écoutés par les adultes, mais de plus, si par exemple un enfant de 12 ans fait une bêtise, toute sa tranche d’âge sera puni, pas seulement le responsable (même si on sait qui c’est), parce qu’on considère que les autres doivent aussi être puni vu qu’ils n’ont pas été assez fort pour empêcher la bêtise. Ceci est vraiment à l’école comme dans les tribus.

 

Dernier petit point important sur la vie des kanaks. Pour eux, il n’y a pas de propriété privée, tout est de propriété publique, donc tout est à tout le monde, c’est une raison pour laquelle ils s’entraident énormément. Donc par exemple, une paire de chaussure peut changer de propriétaire assez souvent en fonction de qui en a le plus besoin !

 

  • Nos rencontres

Voilà, ça c’est un peu pour la « théorie » des kanaks qu’on a pu découvrir et apprendre à travers les gens (kanaks et blancs) rencontrés en chemin. Dans les différents post sur la Nouvelle-Calédonie, vous avez pu lire le récit de nos rencontres avec les kanaks. Autant dire que ces rencontres resteront à jamais dans nos mémoires. Les kanaks sont des gens très très accueillants et qui nous ont bien aidé sur la route ! Jeannot nous a téléphoné quand on était encore en Nouvelle-Calédonie, il voulait prendre de nos nouvelles. Il aurait voulu qu’on reste plus longtemps dans sa tribu et on est maintenant les bienvenues pour toujours !! Il voudrait qu’on revienne pour venir travailler, on serait sûres de trouver facilement du boulot d’après lui ! On lui a aussi téléphoné depuis l’aéroport de Nouméa avant de partir pour lui dire au revoir et on lui a envoyé une photo qu’on avait pri avec sa famille et nous le soir de notre séjour. Le rêve de Jeannot est d’aller en France, donc on lui a donner notre adresse (enfin celle de nos parents ^^) pour qu’il vienne nous voir quand il sera là, et pour lui montrer que les français savent aussi accueillir les gens (parce que c’est pas toujours ce qu’ils pensent…)

En parlant de ça, pas tous les kanaks qui sont allés en France ont aimé. Certains on trouvé les français pas très aimable et plutôt arrogant, que par exemple là bas ce n’est pas possible de faire du stop, les gens ne s’arrêtent pas. Claudie, qu’on a rencontré dans la tribu de Pouiou, va sûrement retourner en France pour aller travailler (elle aussi elle a notre adresse pour venir nous voir ^^), mais c’est juste pour se faire de l’argent et pouvoir aider sa famille. Elle n’irait pas sans sa sœur qui travaille dans la même ville et donc loge ensemble, et elle n’irait pas non plus si sa tente ne serait pas en France aussi ! D’autres kanaks rêvent d’aller voir la métropole, et d’autres y retourner !

Julien, le premier kanak qui nous a pris en stop en étant seul (le premier était avec sa fille, donc là on nous a toujours dit que ça ne craignait pas, mais par contre on nous a aussi dit ne pas monter avec un gars tout seul, ce qu’on a fait quand même avec Julien, malgré sa voiture plus très jeune et ses lunettes de soleil qui cachait ses yeux… alala les préjugés…) nous a donné aussi de ses nouvelles. Il nous a appelé quand on était à l’aéroport de Sydney, puis en ce moment aussi ! Trop gentil !!

 

  • Expressions calédoniennes :

Même si les calédoniens parlent français, ils ont aussi leurs expressions bien a eux (kanaks comme caldoche, ce sont les mêmes !!) Voici celles qui nous ont le plus marquées :

-          Baigner la mer

-          "Si vous voulez baigner, c’est par là" --> Si vous voulez prendre une douche

-          Tirer la photo

-          Une pocheà un sac en plastique (bon on dit aussi ça à certains endroits en France…)

 

Voilà, un petit post pas comme les autres, mais on espère que ça vous aura intéressé ! Un peu plus de culture ça ne fait pas de mal ^^

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